Après une année bien remplie aux côtés des enfants, des adultes, des cavaliers et des personnes accompagnées en équithérapie, les poneys de La Croisée des Murmures prennent, eux aussi, le chemin des vacances.
Pendant deux semaines, ils quittent le rythme habituel du centre pour profiter d’un temps de répit, sans séances ni sollicitations liées à leur activité, tout en continuant à vivre comme ils le font toute l’année : en troupeau, au pré et avec la possibilité de se déplacer librement.
Car chez nous, la vie en troupeau et l’accès au mouvement ne sont pas réservés aux vacances. Ils font partie intégrante de leur quotidien toute l’année.
Et si ces deux semaines sont bénéfiques, elles sont surtout l’occasion de rappeler une chose essentielle : le bien-être d’un cheval ne se résume pas à lui accorder quelques jours de repos. Il se construit tout au long de l’année, dans son environnement, dans ses relations sociales et dans la manière dont nous organisons son travail.
🐴 Une vie en troupeau toute l’année
Les poneys de La Croisée des Murmures vivent en troupeau, dans un environnement extérieur qui leur permet de bouger, d’explorer, de se nourrir, de se reposer et d’interagir avec leurs congénères.
Cette organisation n’est donc pas une parenthèse que nous leur offrons pendant leurs vacances : c’est leur mode de vie habituel.
Le cheval est un animal social. La présence de ses congénères et la possibilité d’entretenir des relations sociales avec eux participent à son équilibre. Se déplacer ensemble, se rapprocher ou s’éloigner, se reposer à proximité, interagir ou simplement partager un espace sont autant de comportements naturels qui peuvent s’exprimer au quotidien.
De la même manière, le fait de vivre dans un espace permettant les déplacements libres offre une forme de mouvement très différente de celle du travail en séance.
Marcher pour rejoindre une zone de pâturage, se déplacer vers les ressources, changer de place dans le groupe, explorer ou simplement suivre le mouvement du troupeau : le cheval est naturellement amené à bouger tout au long de sa journée.
C’est cette possibilité que nous souhaitons préserver au quotidien.
🌱 Le mouvement ne s’arrête pas à la séance
Il est facile de réduire le mouvement du cheval à son temps de travail.
Pourtant, une heure de séance ne représente qu’une petite partie de sa journée.
Le travail monté, le travail à pied, les balades ou les séances d’équithérapie apportent des sollicitations physiques et mentales spécifiques.
Mais elles ne remplacent pas les déplacements libres et spontanés d’un cheval vivant dans un environnement adapté.
C’est pourquoi nous attachons de l’importance à la complémentarité entre le mouvement libre au pré et le mouvement encadré lors des séances.
L’un ne remplace pas l’autre.
Notre objectif est justement de permettre aux chevaux de bénéficier des deux.
💚 Des chevaux de centre équestre ET d’équithérapie
À La Croisée des Murmures, nos chevaux ont une particularité : ils sont à la fois les partenaires d’un centre équestre et d’un centre d’équithérapie.
Ils peuvent donc être sollicités dans des contextes très différents.
En équithérapie, leur présence peut accompagner des objectifs relationnels, sensoriels, émotionnels, cognitifs ou moteurs. Ils peuvent être amenés à rencontrer des personnes aux profils, aux besoins et aux façons d’interagir très variés.
Au centre équestre, ils participent également à l’apprentissage de l’équitation, au travail à pied, à la relation cavalier-cheval et à différentes activités physiques.
Cette double activité nous amène à penser leur quotidien dans sa globalité.
Ils sont nos partenaires de travail, mais ils restent avant tout des chevaux.
Leur environnement de vie doit donc répondre à leurs besoins fondamentaux, indépendamment de leur activité : vie sociale, mouvement, alimentation, repos, interactions avec leurs congénères et possibilité d’exprimer leurs comportements naturels.
⏰ Deux semaines de vacances, mais du bien-être toute l’année
Alors, pourquoi leur offrir deux semaines de vacances s’ils vivent déjà toute l’année au pré, en troupeau et avec la possibilité de bouger ?
Parce que vivre dans de bonnes conditions ne signifie pas ne jamais avoir besoin de repos.
Pendant ces deux semaines, ce sont surtout les sollicitations liées à leur activité auprès de nous qui sont mises entre parenthèses.
Pas de séances à assurer, pas de cours, pas d’objectifs pédagogiques : simplement du temps.
Du temps pour vivre leur quotidien sans aucune demande humaine particulière.
Mais penser que ces deux semaines pourraient, à elles seules, « compenser » une année de travail serait illusoire.
Leur équilibre ne se joue pas en deux semaines de vacances annuelles, pas plus qu’il ne se mesure au nombre de jours travaillés.
C’est pourquoi nous préférons penser leur bien-être dans la continuité.
📅 Un rythme de travail réfléchi
Tout au long de l’année, Camille FERAILLE est la gardienne de leur équilibre. Grâce à sa double casquette (équicoach – BPJEPS) et la connaissance fine de ses équidés, elle veille avec bienveillance et respect à construire un rythme adapté aux chevaux.
Cela signifie prendre en compte leur âge, leur état physique, leur tempérament, leur expérience et leur activité, mais aussi réfléchir à la répartition des sollicitations sur la semaine.
L’objectif est de les solliciter de manière raisonnée, en alternant les types d’activités et en laissant une place suffisante au repos et à leur vie au pré.
La question n’est donc pas seulement :
« Combien d’heures ce cheval travaille-t-il ? »
Mais aussi :
« Comment sont réparties ses sollicitations ? De quoi a-t-il besoin cette semaine ? Et comment préserver son équilibre sur la durée ? »
C’est cette réflexion qui nous permet de concilier leur rôle auprès des personnes accueillies et leurs besoins propres.
🌿 Des vacances qui prolongent leur quotidien
Ces deux semaines ne sont donc pas une rupture avec ce que nous souhaitons pour eux.
Au contraire, elles viennent prolonger et renforcer un mode de vie que nous cherchons à préserver toute l’année : vivre ensemble, bouger librement, disposer d’un environnement adapté, avoir du temps de repos et ne pas être constamment sollicités par l’humain.
Pendant ces vacances, nous leur demandons simplement moins.
Et parfois, prendre soin d’un cheval, c’est aussi savoir ne rien lui demander.
💚 Prendre soin de ceux qui prennent soin de nous
Nos chevaux sont des partenaires.
Ils accompagnent, rassurent, surprennent, enseignent. Ils permettent parfois une rencontre, une émotion, un mouvement ou une expérience que l’humain n’aurait pas pu vivre de la même manière sans eux.
Alors, prendre soin d’eux, c’est aussi accepter qu’ils aient des moments où ils ne nous doivent rien.
Des moments où ils n’ont pas à être performants, pédagogues, disponibles ou respectueux.
Des moments où ils peuvent simplement être des chevaux, avec leurs congénères, dans leur environnement, à leur rythme.
Ces deux semaines de vacances sont donc bien plus qu’une pause dans le planning.
Elles s’inscrivent dans une réflexion plus large sur la manière dont nous souhaitons faire vivre et travailler nos chevaux à La Croisée des Murmures.
Parce que prendre soin de ceux qui prennent soin de nous, c’est aussi savoir leur laisser du temps, de l’espace, du mouvement… et une vraie vie de cheval. 💚🐴🌿
Pour aller plus loin sur le bien-être animal : article de l’IFCE qui rappelle que la possibilité de se déplacer librement et d’exprimer les comportements naturels de l’espèce fait partie des besoins fondamentaux du cheval.