Une avancée scientifique publiée en janvier 2026
Des chercheurs de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) et de l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE), en collaboration avec l’Université de Tours, ont publié en janvier 2026 une étude dans la revue PLOS One montrant que les chevaux réagissent différemment selon l’odeur émise par des humains en état de peur ou de joie.
Dans cette étude :
- Des volontaires ont regardé des extraits de films effrayants ou joyeux tout en portant des compresses sous les aisselles pour recueillir l’odeur produite par leur sueur.
- Ces compresses ont ensuite été présentées près des naseaux des chevaux.
- Les chevaux exposés à l’odeur associée à la peur ont montré une réaction comportementale de vigilance accrue, une fréquence cardiaque plus élevée, et moins d’interaction avec l’humain que lorsqu’ils ont senti des odeurs liées à la joie ou à des états neutres.
Les scientifiques concluent que les chevaux peuvent non seulement détecter des signaux émotionnels humains via l’odorat, mais que ces signaux influencent leur propre état émotionnel et comportemental. Cela s’inscrit dans un ensemble de recherches plus large montrant que les chevaux perçoivent aussi les émotions humaines par la voix, les expressions faciales et le langage corporel.
Comprendre cette sensibilité émotionnelle
Le cheval est une espèce fondamentalement sociale dont les interactions au sein du troupeau dépendent de la communication fine des états émotionnels par des signaux visuels, auditifs et chimiques. Grâce à cette sensibilité multisensorielle :
- Il reconnaît les expressions faciales humaines de joie ou de tristesse.
- Il réagit différemment à des vocalises humaines émotionnelles.
- Il perçoit par l’odorat des signaux émotionnels humains, notamment ceux de peur ou de joie.
Cette capacité rapproche les chevaux des humains non seulement dans la communication inter-espèces, mais aussi dans une forme d’empathie comportementale, car le cheval ajuste son comportement en fonction de l’état émotionnel de la personne qu’il côtoie.
Du laboratoire à l’équithérapie : une ressource humaine et animale
Cette sensibilité émotionnelle innée du cheval est précisément l’un des fondements de l’équithérapie – une approche thérapeutique qui utilise l’interaction avec le cheval pour favoriser la gestion des émotions, la régulation du stress et le développement personnel.
Pourquoi le cheval est un partenaire privilégié :
- Un miroir émotionnel
Le cheval reflète les états intérieurs des personnes par ses réactions. Une personne tendue, anxieuse ou stressée peut déclencher en retour une attitude plus distante ou vigilante chez l’animal, indiquant clairement une communication émotionnelle non verbale. - Un facilitateur relationnel
Pour des personnes qui éprouvent des difficultés à verbaliser leurs émotions (enfants, adolescents, adultes en situation de vulnérabilité), le cheval offre un médiateur non jugeant, avec des réponses comportementales immédiates et authentiques. - Une opportunité d’apprentissage sensoriel
En travaillant avec un cheval, la personne apprend progressivement à mieux percevoir ses propres émotions et à moduler son comportement pour établir une interaction plus harmonieuse. - Réduction du stress et de l’anxiété
Des études sur l’interaction humain-animal suggèrent qu’une communication apaisée avec un animal peut réduire les réponses physiologiques au stress chez les humains, favorisant une meilleure régulation émotionnelle.
L’équithérapie à La Croisée des Murmures
Au centre d’équithérapie La Croisée des Murmures, ces découvertes scientifiques prennent une dimension concrète et humaine :
- Les équithérapeutes utilisent la sensibilité du cheval comme un outil de retour sensoriel : lorsqu’une personne entre en contact avec l’animal, ses propres émotions influencent le comportement du cheval, et ce dernier offre un retour immédiat et tangible.
- Les séances sont conçues pour encourager la conscience émotionnelle, l’expression des ressentis, et l’apprentissage de stratégies de régulation émotionnelle en interaction avec le cheval.
- Le cheval, par sa réceptivité, peut aider à développer l’empathie, la confiance et la communication non verbale, éléments essentiels à la guérison psychologique.
Ainsi, l’étude scientifique de janvier 2026 ne vient pas seulement confirmer une capacité surprenante des chevaux à « sentir » nos émotions au sens propre : elle renforce aussi l’importance de leur rôle en tant que partenaires thérapeutiques pour accompagner le mieux-être émotionnel.